PRÉSENTATION DU RAPPORT 2016/2017 SUR LE RACISME ET L’ISLAMOPHOBIE DANS LES PAYS EUROPÉENS FRANCOPHONES

Suivi de la présentation du rapport une intervention très intéressante a été faite part, Sakir Colak, président du Parti Égalité Justice et Yasser Louati, activiste avec Sabak Kiper, également activiste en modérateur.

ORIW, « Organization Racisme Islamophobia Watch », est une organisation dont le siège est basé à Lyon, mais sa base opérative à Strasbourg. Elle travaille avec des experts et des avocats afin de lutter contre l’islamophobie et le racisme dans les pays francophones.

L’ORIW a été mise en place en octobre 2013 afin de lutter contre les discriminations et les actes islamophobe
qui augmentent progressivement aujourd’hui à cause de l’influence des partis politiques,
des médias, des préjugés et peurs dans la société. Compte tenu de toutes ces idées et actions, ORIW
veut aider et soutenir les gens moralement et juridiquement dont les valeurs de vie sont en danger à
cause des actions racistes ou islamophobes dans les pays francophones (France, Belgique, Suisse).

ORIW rédige et diffuse également des rapports mensuels et annuels afin d’informer les gens et les
autorités nationales et de solliciter une prise de conscience collective à propos de la situation dramatique
dans laquelle la communauté musulmane se trouve aujourd’hui. A cette fin, l’organisation
présente aussi des rapports ad-hoc auprès des grandes organisations internationales, comme le Conseil
de l’Europe et l’OSCE, en occasion de cycles de monitoring et de reporting, et participe à évènements
internationaux en tant qu’intervenant et/ou organisateur de débats.

Aujourd’hui, alors que tout le monde connaît le mot islamophobie, la peur apparaît en raison de la
faible connaissance de l’islam. Cette dernière légalise la discrimination dans la vie quotidienne en
Europe. Néanmoins, une définition ponctuelle du phénomène n’existe pas encore et le mot ‘islamophobie’
est utilisé de façon différente – et parfois impropre – par les sujets divers de la lutte contre
les discriminations.

Selon la définition de la CNSDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) qui a
officialisé l’utilisation du terme à niveau de discours public dans le résumé de son rapport pour
l’année 2014, on peut lire dans une section spéciale consacrée à l’islamophobie que « [à] l’occasion
de son édition 2013, la CNCDH a adopté une définition du phénomène d’« islamophobie », étant «
l’apparition d’une quasi phobie, c’est-à-dire d’une peur intense à l’égard de l’islam et des musulmans
en France, générant un climat d’angoisse et d’hostilité à leur égard ». Toutefois, le terme n’est pas
reconnu à niveau législatif, en entrainant une impunité des responsables d’actes islamophobes.

En Octobre 2010, en occasion de l’annuel Human Dimension Implementation Meeting auprès de
l’OSCE à Varsovie, l’organisation COJEP international1, en union avec des autres ONG européennes
engagées dans la lutte contre le racisme et les discriminations, avait déjà présenté une proposition
de définition d’islamophobie. Selon cette définition l’islamophobie est une forme d’intolérance et de
discrimination motivée par la peur, la méfiance et la haine de l’Islam et de ses adeptes. Elle se manifeste
souvent en combinaison avec le racisme, la xénophobie, les sentiments anti-immigrés et
l’intolérance religieuse. Cela se manifeste par les discours de haine, les actes de violence et les pratiques
discriminatoires, qui peuvent être les faits des civils comme des représentants de l’Etat.

La rhétorique islamophobe associe les musulmans avec le terrorisme et le dépeint comme une menace
nationale et internationale. Il s’agit d’allégations stéréotypées concernant les musulmans comme un
groupe monolithique de personnes dont la culture est arriérée et incompatible avec les droits de
l’homme et la démocratie.

L’islamophobie se présente donc comme discrimination croisée ou d’intersection fruit d’une nouvelle
forme de racisme – le racisme culturel -, où provenance et liberté d’expression sont les motifs de
l’intolérance. L’islamophobie est un acte discriminant et qui peut se manifester même sous forme de
crime de haine.

Au lendemain de l’attaque terroriste dans la rédaction de Charlie Hebdo et au supermarché casher
de Paris qui ont bouleversé la France et le monde entier en Janvier 2015, l’ORIW s’est interrogée de
nouveau sur le grave problème de l’islamophobie en France et de la montée de la haine dans tous les
milieux sociaux, face aussi à une certaine lâcheté des institutions publiques et des politiciens. Le débat
public sur Islam, Islamophobie et liberté d’expression s’est enflammé.

L’Islam est devenu non plus une simple religion, mais l’identification du terrorisme extrémiste du
DAECH, qui est en train de menacer et mettre en péril la population du monde entier. En Europe, les
musulmans sont devenus encore plus la cible d’attaques violentes mais aussi de discours politiques
nationalistes et populistes qui utilisent la peur et les sentiments d’insécurité diffusés pour des fins
électorales en se cachant derrière une valeur démocratique fondamentale, comme celui de la liberté
d’expression. On se préoccupe pour le futur des Musulmans d’Europe et on craint une augmentation
encore plus poussée de la stigmatisation des personnes de confession musulmane.

Quand on parle d’islamophobie, on parle en même temps de droits de l’Homme et de libertés qui ne
sont pas respectées ou qui sont restreintes pour certains groupes de la société. Les violations des
droits se passent partout, soit à l’école, soit dans le monde du travail, soit dans l’accès à l’emploi, etc.
Le principe de non discrimination comme décrit dans plusieurs conventions et documents internationaux
signés par les gouvernements français, belge et suisse n’est pas respecté, mais manipulé et
déformé par l’approbation et la promulgation de lois liberticides et discriminatoires, comme la loi de
2004 sur la prohibition du port de signe religieux à l’école ou encore la loi de 2011 qui empêche
d’avoir son visage caché en public. La discrimination est la conséquence de comportements racistes
tolérés et légitimés par les autorités-mêmes.

Ce que nous présentons ici est le troisième rapport annuel que l’organisation produit depuis sa constitution
et il représente le bilan de nos activités de septembre 2016 à mai 2017. En considérant notre
constitution assez récente et nos ressources humaines limitées, notre recherche se développe surtout
sur internet en faisant une revue de presse quotidienne, à travers les témoignages que nous
recevons ainsi qu’à l’analyse des discours politiques, des données officielles des autorités nationales
et des propositions législatives qui touchent aux droits et à la vie quotidienne des musulmans.

POUR LIRE LA SUITE VEUILLEZ TELECHARGER LES RAPPORTS CI-DESSOUS :

ORIW Rapport annuel 2016/2017 FR

ORIW Report 2016/2017 ENG

 

Quelques photos de la conférence :